lundi 22 août 2011

Entre Noël et Quignard,

un très grand texte de Jean-Pascal Dubost.

Un texte qui touche juste, à fleurets mouchetés,  et s’applique au peintre, au photographe, à l’auteur de performance, au vidéaste, à l’artiste numérique, à tous ceux qui sont impliqués dans la création...
L’opacité du parcours et de l’appelant.
Ce qu’en a dit le film de Clouzot sur Picasso. Ou l’exception coulures de Miro, repoussant toujours au maximum l’aléatoire de son espace, mais les suscitant pour Puig Antich et ses amis, les derniers jeunes garottés du franquisme, une façon d’aller jusqu’au bout et d’accepter là  d’éventuels accidents - dérisoires au regard du contexte.
« L’aventure humaine que représente cet espace à parcourir est un espace en-dedans... »
Un espace en tension entre  mental et concret,   perçu, sachant.
Perçu et sachant ou la place faite ainsi à un inconscient social et cognitif construit sur ces médiations culturelles chères à Vygotski. Inconscient structuré comme un langage ?
Espace/champ de bataille, attaque.
L’attaque chez Kiefer, l’attaque chez Barcelo. L’attaque chez Nadj. L’attaque chez Camboulive... L’itératif de l’attaque comme traits répétés chez Astor.
"le poète travaille la propension humaine et partagée à l’obéissance rassurante".
Le geste fruit de forces vives... C’est quand il était bien que Van Gogh a fait ses plus grandes œuvres, et Camille Claudel et  Artaud.
L’écoute des langages, leur saisie sous toutes leurs dimensions, leurs apparences, leurs occurrences et aussi dans leur tressage, leur combinatoire, leurs interférences, leurs utilisations programmées... Comme œuvre de Gailhoustet à partir des traces des têtes de condamnés à mort sur les murs des cellules de Frontevault.
Et puis il y a ce rythme, et non élan, vital, ces compulsions cadencées pour comprendre et agir, prêtes à informer ces bois gravés de l’expressionisme allemand, ces flux plastiques de lettres projetées en installation mobile du Quai Branly, au bord d’être prêtes à susciter l’interaction et réagir.
Foin de petite dictée pseudo-divine, mise en résonnance et raisonnement de la dite melusintuition… L’œuvre d’art n’est-elle réjection de tentative de démêler, rabibocher, structurer, stratifier, rendre transparent, articuler, cohérer, tresser, faire parler ? Et souvent elle réussit à créer du sens.
N’est-ce pas pour cela qu’a posteriori on a souvent parlé d’aspect prémonitoire de l’art ?
Ou l’art comme la science, créateur de connaissances à partir de calculs ou de combinatoires ou autres alchimies laborieusement conquises avant découverte effective comme planètes inconnues ou élément Mendéléiev ?

Rythmes fractals, mathématiques de Maldoror ?  

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