mardi 22 mai 2012

Acquaviva, changement de programme... Toutes !



- Que s'est-il passé ?  Quelque chose à voir avec les Lettristes ?



- Jacqueline Cimaz  : oui ! Mes proches, ici, savent que j'ai découvert  les Lettristes, à l'adolescence, dans l'ïle de Ré.
Des amis peintres belges - amis de mes grands-parents; proches du groupe Cobra, m'ont emmenée (1) un jour de printemps ou d'été,  à Saint-Martin de Ré,  chez un poète/éducateur  qui habitait dans la tour de ce qui devait être un établissement spécialisé, en haut de la ville.

Une vue magnifique, le port en bas, la mer, les mouettes...
Le bagne, au loin, ses fortifications à la Vauban, en bas à droite...

Se trouvait là un sculpteur du Bois-en-Ré... Et peut-être deux ou trois autres personnes non connues.

A un moment, notre hôte a allumé la radio pour nous faire entendre une émission d'Isou ou une émission à laquelle Isou était invité. Il disait des "[i]". Variations sur des [i]...

Le son remplissait la pièce et sortait par les fenêtres. Un chien da Saint-Martin s'est mis à aboyer à la mort.
L'image restée d'un chien au pied d'une échelle et la lune, de Miro...

Et puis un 2ème chien, un 3ème et puis tous...

La force de cette poésie -sonore !

Quelques décennies plus tard, découverte de la musique d'Acquaviva au hasard (sans doute pas vraiment - errements sérendipitaires, plutôt, où l'aléatoire se canalise )... Une musique qui me parle et qui est offerte en partage dans nos "découvertes culturelles". Il y a peu,  échanges plus denses avec Aquaviva qui a dû repérer nos passages plus fréquents sur son site et des citations rapprochées...
Et la bourde - qualifier sa musique de "poésie sonore"... (2)

Bref, des échanges, la proposition de venir, dans des conditions on ne peut plus acceptables...

Programme proposé - les lettristes /  Chopin/Lemaître/Parant/Heidseik/  Musique d'Acquaviva...




- Oui et alors, ce changement de programme ?

- J.C. : l'habitude de préparer, surtout ce qu'on ne connait pas, ou mal ou peu ; et les ressources d'Internet. Recherches dans l'ordre. Henri Chopin/Wikipédia et là je lis :

"En 1952, libéré, il se marie avec Jean Ratcliffe, une écossaise, qui lui fait connaître Eliot et James Joyce. L’année suivante, il rencontre Altagor, le créateur de la métapoésie, et devient éducateur pour l’enfance inadaptée à Saint-Martin de Ré."

Tourbillon de calculs  : éducateur en 53, 54. Notre déplacement à Saint-Martin, 56 ou  57. Il n'y avait sans doute pas beaucoup d'éducateurs qui invitaient leurs relations ou amis des amis à venir écouter Isou. 

Recherches sur Henri Chopin. 

Retour à Wikipedia - informations à vérifier bien sûr, mais quand même :
"Rencontrant les Lettristes, en 1957 il publie ses poèmes..."

Autres rechers. Ecoute de "Machine Poem" . Impression de déjà connu, de familier. Plus de doutes... Puis une photo de 64...




- Pour en revenir à Chopin et Isou ? 


Altagor (Transmis par.F.Acquaviva)
- JC.  L'enthousiasme d'une rencontre récente ? 


Par delà l'émotion de la découverte de l'identité du poète/éducateur, prise de distance aussi par rapport au souvenir : enthousiasme à partager ou différence à poser ?                                                                                                                                               
Et question subsidaire : origine exacte et nature du son qui a déclenche les aboiements ? Evènement fortuit lié à la seule diction radiophonique d'Isou ?  Ou mise en scène sonore ?

Il me semble me souvenir  d'un soin tout particulier quant à l'ouverture de plusieurs des fenêtres délibérément choisies, de la place attribuée à chacun.- précision ou reconstruction de la mémoire?

Plus aucun des participants à cet après-midi ne peut  témoigner...


- Tu parles souvent de ta rencontre avec Isou ?

- J.C. Isou et sans doute, surtout, Chopin. Un évènement d'une force inouïe qui a renforcé  un intérêt pour l'art contemporain aux origines beaucoup plus précoces (3). Un évènement qui, paradoxalement, a introduit une rupture entre l'image d'une école très traditionnelle, et celle d'une pédagogie différente, "spécialisée" ou non qui est apparue soit dans les propos de Chopin évoquant son métier, soit dans les propos de mes amis à son sujet. (4);

Une certaine récurrence avec les Brossa, Tapiès, Villelia,  le groupe de Granollers -à l'époque du catalan interdit...

Ou au théâtre des Nations, avec certaines oeuvres, dont des créations de Pina Bausch, d'une époque,  à Wuppertal...

Ou au GFEN  à celle du groupe Poésie et psychiatrie et du désaliénisme de Bonnafé...

Des fils aui se torsadent. 
Ces médiations symboliques de Vygotski...


Des évènements qui marquent à vie et font revendiquer la présence des arts et des artistes à l'école...  Faire dès la maternelle ce que Ménard fait à Sciences Po... 






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1. Mes grands-parents et les Hecq  habitaient Loix-en-Ré.
2. D'autant que l'entretien radiophonique écouté était explicite, l'intervieweuse ayant d'ailleurs fait une thèse sur Acquaviva -  thèse qu'on aimerait lire...
3. Rien à voir avec le professeur de piano subi, dont je n'ai appris que beaucoup plus tard qu'elle était la soeur de Picabia,  et dont l'enseignement des gammes (et du reste) n'avait vraiment rien, mais rien du tout,  à voir avec les recherches musicales ou sonores ou pédagogiques de l'époque...
4. Lié dans ma mémoire, à tort ou à raison, au Makarenko de  "Les drapeaux sur les tours"...


lundi 21 mai 2012

Acquaviva et les lettristes

un interview à lire... de fin 2006...


une histoire complexe...


à approcher avant d'entendre Frédéric Acquaviva ?


où il apparait que graphique et sonore entretiennent des relations ou non-relations denses et complexes...


découvrir aussi les Ecrits sur le site de Frédéric Acquaviva...






Rappel :


Du 10 mai au 17 juin, passage de Retz, dans le 3ème à Paris, "Bientôt les Lettristes" (1946-1977). Curators : Bernard Blistène et Frédéric Acquaviva, avec la collabororation de Nicolas Luicci-Goutnikov.


Un catalogue-journal A3, 36 pages à lire. ET ?









vendredi 11 mai 2012

Retour de la Patalgonne


qui n'a su résister ni à son attrait pour les vieilles locomotives ni à l'annonce du spectacle West/Ayme. de dimanche 18h au Salon du Livre de Beauchastel !





D'après un très beau cheval d'Arnü West... Un détournement de la  Patalgonne ? 


D'après les dernières nouvelles de Google Earth elle chevauchait vers une vieille locomotive dans le Sertaõ. 

L'a-t-elle rejointe ? 
Essayez Google Street pour savoir.
Si elle se laisse géologalisée...

Elle ne s'appelle pas Ines del Momac -y- Incoñito pour rien.





A 18h, contes en images, une improvisation graphique par Arnu West et racontée par Alain Ayme. 


Certes, on ne la voit jamais, la cousine, mais elle laisse généralement,  a posteriori, des traces de son passage...

Et avec l'Internet des Objets...

Au plaisir...


Ophelia Escriu

NB. Et pour des renseignements plus fiables, retour aux sources, sur le blog d'Arnü West





Arnü West qui maintenant propose un concours ! A voir sur son blog, 







vendredi 4 mai 2012

Ecriture numérique ?

Comme nous l'avions montré en 2009, avec un travail dans lequel l'apport de Pierre Ménard est essentiel -cf blog "Les Rias" et  site communal de Saint-Apollinaire-de-Rias -  domaine Bibliothèque/sciences,

l'écriture numérique est irréductible à l'écriture numérisée 

- elle est composite - composant, articulant dans la durée, faisant vivre et évoluer dans des temps brefs ou longs  des systèmes complexes de formes textuelles, iconiques, sonores évoluant à degrés divers dans des espaces/temps complexes à n dimensions.








A l'origine, et en cela elle égalise et  nivelle, l'écriture qui numérise transforme tout flux en succession de 0 ou de 1, le courant passe ou ne passe pas. Par 8 chiffres en octets binaires puis groupements d'octets, groupements de groupements d'octets, de groupements de groupements de groupements... C'est l'architecture qui fait sens et différencie ce qui apparait comme texte (les beaux temps du code ACSII), image ou son et notamment celle de ce qui va se constituer en interface...


Le rapport texte/image, en particulier, va se poser différemment à tous niveaux et suivant les occurrences.
Si l'on a enseigné pendant des décennies que l'image n'"illustrait" pas le texte mais participait, toute redondance évitée, et à part égale, à la construction globale du sens - l'introduction du son et pourquoi pas d'autres types de données, complexifie la donne. Sans oublier la dimension logographique des mises en forme du texte  et du type d'écriture (cf la poésie, sa lecture tabulaire, la forme-sens de Meschonnic...)







Ecriture modulaire, faite de modules ouverts où l'auteur/architecte/chef d'orchestre induit un cheminement par la forme, la nature des composants hétérogènes, de leurs articulations, par les liens hypertextes, mais où le lecteur va choisir, construire ses itinéraires propres, à partir de ses propres références culturelles, de ces médiations symboliques qui l'ont construit et le construisent et n'en finissent pas de se remanier.(1)


Aujourd'hui se pose avec insistance la question du son et donc celle du temps et des divers niveaux de structuration de la matière que l'électronique rend accessibles.

On pourrait citer le travail de Marchetti récemment exposé au Lux à Valence, celui du  Scénoscome qui s'est donné à voir à Bourgoin-Jallieu, et tout proche, encore accessible ici, en Ardèche, à la Fabrique du Pont d'Aleyrac, celui de Giuseppe Penone.

Donner un coup doux à l'arbre, recueillir et amplifier le sens et sa circulation dans le tronc et les branches, fonctions de l'essence de celui-ci et sans doute de la nature choisie  pour chaque arbre de l'incidence de départ... Recueil sonore, conservé et transmis en enregistrement MP3 et CD, transposition graphique collant au dess(e)in de l'arbre,  codage en écriture musicale classique, sens de l'ensemble - des images exposées, du son, de la vidéo, et en même temps de ce pouvoir nouveau de rendre perceptible l'imperceptible à l'échelle de la vie courante.

On pourrait évoquer, différente, mais s'inscrivant dans la même problématique- "Mouvances" de Martine Diersé, cette stèle portant ce coquillage/poisson évoqué par Marie-Claude où s'entend la mer des steppes sibériennes...






NB. La photographie participe de l'écriture numérique, en elle-même ou en tant qu'élément d'un  système composite approfondi par l'auto-référencement (cf liminaire) . Rien à dire de celles qui s'insinuent dans ce texte. A chacun de les faire parler. Conservatrices de l'éphémère des Constructeurs ? De l'incertitude des constructions (et pratiques) qui s'y projettent,  en un lieu géolocalisé et daté ? De l'appréhension peut-être vis-à-vis d'un temps où rien ne viendra plus que de la qualité de ce qui s'y fera...

A contiuer par l'enregistrement sonore de bruits des travaux ?

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1. Cf les re-lectures d'un livre -roman, traité de philosophie, manuel de mathématique... Celles d'un film - cf Chris Marker...les concrétistes brésiliens ou un Joan Brossa...







lundi 16 avril 2012

Appels à projet arts numériques : pourquoi, quoi, comment ?...




Nous avons un projet à terminer "Du recueil de mémoire à l'écriture transmedia" - projet qui a évolué vers l'idée de service culturel innovant - l'offre, non-marchande, par la population de son patrimoine, y compris se faisant, de son histoire, ses aspirations, un immatériel lourd de valeurs de résistances, à rendre plus lisible pour "augmenter" la réalité de ce territoire, la façonner, la faire vivre et évoluer pour mieux être fidèle à son identité... sans peur de s'aventurer en dérives augmentées pour explorer, interroger, appréhender...

Ensuite, étant  structure du réseau départemental de diffusion des arts visuels, il  nous faudra penser à un nouvel appel à projet.

Et comme pour mieux s'accompagner mutuellement dans cette nouvelle ère numérique émergente, nous avons décrété  que notre EPN serait lieu d'exposition et diffusion des arts numériques,



ART + NUMERIQUE 




On ne voit pas comment notre nouvel appel à projet artistique ne serait pas numérique...

Mais c'est quoi et comment, un appel à projet numérique ? 

Savoir  créer l'inédit ?

Nous n'avons pas de recette magique...

Quelques références comme cette "Rue de la Révolution" en Bourgoin Jallieu  (1)- festival Electrochoc - ou ce triptyque exposé de Kurokawa, "Ground", d'une force inouïe à laquelle le numérique donne sens plus de septante ans après Guernica. Bien sûr, bien avant... Avant il y avait Nam June Paik, et tant d'autres en Biennales...


Mais aujourdhui ? 


C'est pourquoi nous  aimerions faire un sondage préalable. Pourriez-vous donner votre réponse aux trois questions 

- Les arts numériques, cela représente quoi pour vous ?

- Un projet  art numérique, c’est quoi pour vous ? 

- Et un livre d’art numérique, ce serait quoi ?  


Répondre en utilisant les commentaires -  ou par courriel   à ophelia.escriu@gmail.com 

Merci

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1. Où bien qu'il se soit parlé de la Révolution Numérique, nous n'avons point trouvé de recettes (heureusement)!





mercredi 11 avril 2012

Une très belle écriture numérique,


composite à souhait ; un travail de composition de l'image particulièrement intéressant.

Un travail de composition de l'image qui répond à des critères esthétiques, mais vise aussi  à interroger le réel et faire sens...





"Casa Camper" ou le Barcelone d'aujourd'hui... 
(cf site Viméo, blog )

On pourrait aussi évoquer "Tourneur", du même  mustardcuffins,
et surtout, toujours du même auteur, voir, plus récent,  "Pendant ce temps, Ailleurs".  et sans doute bien d'autres...




mardi 3 avril 2012

Numériser l'indicible

Ce dimanche 1 avril 2012, Ecran Village, l'Université du Temps Libre et le Comité pour la Paix Tain-Tournon présentaient au Centre Culturel de Lamastre le documentaire de Jacques Panijel, réalisé en 1961 et interdit jusqu'en 1973,  "Octobre à Paris".  

Octobre à Paris   
Un documentaire qui revient sur "les évènements" du 17 octobre 1961 où une manifestation pacifique de 30000 algériens vivant en France, venus en famille manifester contre une mesure discriminatoire, fut sauvagement réprimée notamment par le sang et la noyade dans la Seine...

J'habitais non loin de là.
Chape de silence, rectangles blancs de censure dans la presse, signature de pétitions pour Djamila Boupacha...

Silence sur un crime d'Etat qui n'a pas fini de distiller un venin qui empoisonne toujours les sociétés algérienne et française. 





- Avant le film, dans l'après-midi,  « Ma guerre d’Algérie » une intervention théâtrale dense, complexe et formatrice de Bernard Gerland, "Une mémoire qui se livre", "Le cheminement d'une conscience", suivie d’un vaste débat  où se mêlent vécus et/ou non-dits familiaux, expériences militantes et préoccupations pédagogiques et démocratiques.  Une façon de poser le cadre -évènements et vécu - perçu- avant de recevoir le film des "évènements".
Coup de bêche dans le terreau d'une histoire qu'éclaire la préface du film. Une préface à visionner...



22 ans après la mise en camp des républicains espagnols  -l'accueil de la Retirada...
Lire et voir "Les poupées de Rivesaltes" de Pey et Jorda... Les coulures de Miro.
1961, le franquisme toujours... Et la guerre d'Algérie.
Un nécessaire retour sur l'histoire, comme celle, ici, des résistances, de celles pour la liberté de conscience,  de la cache des familles juives, ou, ailleurs, de celles dont témoignent au VietNam ces zones d'exclusion où défoliants et mines sévissent toujours...

Témoigner est faire oeuvre d'Education Populaire comme l'indique la documentation.





Bernard Gerland se dépense sans compter, avec courage... Et une très grande maîtrise. Mais le temps passe.

Pérenniser cette oeuvre, l'"augmenter" par une grande création numérique -création artistique" faisant connaître et faisant réfléchir.


Entre "Rue de la révolution"(1) et "Ground" (2), ce triptyque numérique de Kurokawa sur les conflits du Moyen Orient qui, irrépressiblement, nous renvoie à Guernica...

Une proposition qui a été faite à l'issue du  témoignage/performance de Bernard Gerland...


Un projet à monter où loin de se cantonner à l'utilitarisme  ou au décoratif, les arts numériques avec leur dimension performative, sont moyens d'investigation, de connaissance et création de sens, passeurs d'inédit à faire advenir. 


Jacqueline Cimaz



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1  cf  "Arts Numériques",   Rencontres professionnelles de Bourgoin-Jallieu organisées par la Région Rhône-Alpes.